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Camille

CamilleLa grossesse pas toujours rose (mais de plus en plus souvent quand même!) de Charlotte et sa maman un peu folledingue...

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ben ça alors...

Par Camille :: mercredi 30 janvier 2008 à 16:53 :: Enfin trois!

Je suis sidérée. Je viens de revoir la vidéo de l'accouchement (que je n'avais pas vue depuis 3 mois), et finalement, rien n'est vraiment tel que je m'en souvenais.

Moi qui avait relaté un accouchement où chaque poussée était accompagnée d'un cri... Voilà ce qu'il en est: je n'ai crié que deux fois. Un mégacri grâce à cette p*%! d'épisiotomie, l'autre lors de l'expulsion du corps de Charlotte. Le reste, poussées silencieuses, douloureuses (plus que dans mes souvenirs, c'est clair), en un laps de temps plus court que ce qu'il m'avait semblé.
50 minutes montre en main entre la première et la dernière poussée (au bout de 15 minutes je n'en pouvais déjà plus...), un seul cri (et bien de douleur) au moment où Charlotte est née à proprement parler, un bébé très pâle mais en aucun cas bleu, et pas de 'jetage' de Charlotte sur moi, sinon quasiment un posage délicat!
En revanche, bien plus de "elle ne pleure pas" que dans mes souvenirs, mais un air absent, limite détaché de tout-'je suis sur une autre planète' que je ne me rappelais pas.
C'est curieux ce que cela me fait, ce visionnage...
Je suppose que sur le coup, certains éléments m'ont davantage marquée que d'autres (ma hantise ayant été de crier, les deux cris se sont vus généralisés au-travers toute la phase d'expulsion, sa couleur pâle s'est métamorphosée en bleue, et lorsqu'on me l'a posée sur le ventre, la violence de l'ultime pousée a déteint sur cet acte finalement assez serein).
Donc: encore une fois, la réalité de cet accouchement est sujette à de profondes modifications. Je n'en changerai plus le récit, forget it. Non! J'ai simplement l'impression de m'être réveillée d'un vécu erronné.

Tout ça n'est pas très intéressant, je vous le concède.

Mais quand-même... Je vais pouvoir arrêter de raconter que lorsque j'accouche, je beugle comme un veau!;)




Charlotte a 3 mois!

Par Camille :: jeudi 24 janvier 2008 à 20:12 :: Enfin trois!
Et voici notre cocotte Charlotte le jour de ses 3 mois, emmitoufflée dans un costume d'ours blanc avant sa sortie dans le grand froid!
Bon, ok, il ne fait pas si froid que ça, mais chez Tom et Manu ça caille sec, ça oui...





Dans sa chambre avec maman qui lui siffle une chanson:




Et enfin une de ce midi, en train de découvrir avec bonheur son tapis d'éveil!!




A chaque jour sa lumière (avis).

Par Camille :: jeudi 24 janvier 2008 à 15:15 :: Enfin trois!

Certains auront pu s'en rendre compte, il m'arrive de changer le contenu de mes billets. Cela a été le cas pour le récit de mon accouchement, que j'ai modifié à cinq reprises!
Mais, est-elle schizophrénique? On peut se poser la question face à des sentiments parfois aux antipodes de ceux exprimés antérieurement.
Or hier, alors que j'enregistrais pour la dernière fois une version plus 'réaliste' selon moi, j'ai réalisé que toutes les versions avaient été aussi proches de la réalité les unes que les autres.

Et il ne peut qu'en être ainsi, puisqu'une même réalité a autant de façons de s'exprimer qu'il y a de sentiments impliqués.

Voilà, peut-être était-ce vaniteux de vouloir se justifier, mais cela faisait quelques jours que je tournais autour du pot sans parvenir à trouver LE texte qui serait en parfaite adéquation avec mon vécu. Pour moi, le problème est résolu, puisqu'à côté de cette illumination philosophique (!) j'ai trouvé en cette ultime version l'écho le plus pur de la venue au monde de Charlotte.

Just for the record.

L'accouchement

Par Camille :: dimanche 20 janvier 2008 à 02:45 :: Enfin trois!
Chose promise, chose due! Trois mois après, voici enfin le récit de mon accouchement. Je ne vous mentirai pas, j'ai pas mal pleuré à le relire. Mais tout compte fait, je l'ai nourri de force, de courage et d'amour, cet accouchement, et par conséquent, je le trouve aussi très beau....

Nous sommes vendredi 19 octobre, il est 6h30 du matin.
Je me réveille, encore entre deux songes, pour prendre ma première pilule de Cytotec selon les instructions de Maria Teresa. Je n'ai pas vraiment peur, je m'en rends compte à ce moment-là face à cette journée décisive qui s'annonce; je n'ai pas peur, juste une légère appréhension à moitié euphorique en pensant qu'à l'issue de ce vendredi 19 octobre -si tout se passe bien-, je donnerai naissance à ma fille Charlotte!
Donc nous voilà, Coco complètement dans les vappes, et moi, sereine, un peu aux aguêts quand-même, à attendre sans vouloir attendre les effets de ce premier comprimé dont j'ignore toutes les répercussions, et que j'ai alors pris sans ciller, docile et confiante.
Immédiatement, un mal de ventre assez terrible me prend, genre colique menstruelle multipliée par 10. Cela dure une heure, et puis plus rien! Quoi, c'est tout??? Ca s'arrête là?? J'y crois pas! La douleur cesse aussi subitement qu'elle est apparue. Je patiente, mais non, rien ne vient...  De guerre lasse, je me rendors, blottie contre Coco qui ne s'est rendu compte de rien.

Il est 9heures du matin, maman arrive pour petit-déjeuner. Alors, ça en est où??
Ben c'est vrai que depuis que j'ai avalé ce comprimé, j'ai des contractions toutes les 3-4 minutes, mais elles ne me font absolument pas mal. Je ne les sens pas, du moins pas plus que celles que j'ai ressenties tout au long de ma grossesse, i.e. je ne sens que mon ventre se durcir. A bout de patience, j'appelle Maria Teresa qui me donne rendez-vous à son cabinet à 14heures pour un petit check-up.
Verdict: déjà, je ne suis dilatée qu'à 4cm, mais en plus, le col est encore trop dur. Je suis un peu décue mais ne perds pas espoir, car je suis sûre, moi, que c'est pour aujourd'hui. Et puis de toutes façons, la voilà qui me refourgue son 2ème Cytotec: avec ça, dit-elle, hop, tout va se mettre en route! Inch'allah...
Nous rentrons à la maison. Tel que Maria Teresa me l'a conseillé, je file sous la douche (sans trop savoir à quoi ça sert, puisque je ne sens rien!).
Le temps s'étend, le temps tisse en nous sa toile d'impatience, je trépigne dans un état de sérénité absolue, telle que jamais je n'en ai ressentie; Coco, quant à lui, cache mal sa nervosité croissante et tourne en rond.

16h30: ah! enfin, très légèrement, les contractions "douloureuses" commencent. C'est magique, je sens comme mon corps s'anime, cette légère douleur qui va et vient me plait, je me sens vivre et je me sens prête à les accompagner en toute tranquillité.

17h30: les contractions se font un tout petit peu plus fortes, mais je les tolère très bien, elles rythment mon espace-temps toutes les 3 minutes; assise sur mon gros ballon Reebok (d'ailleurs ça fait du bien, c'est vrai), je les dicte à Javier qui les note au fur et à mesure.
Puis Lintchen m'appelle, nous parlons un bon moment toutes les deux et c'est un peu loufoque finalement, car je suis en plein travail et nous parlons, nous rigolons, elle me souhaite bon courage pour tout, nous raccrochons.
Retour à mon ballon, aux contractions, à cette concentration que je me découvre et qui m'impressionne un peu.
Il est temps de rappeler Maria Teresa, qui est ravie de l'avancement: si ça fait mal, ne serait-ce qu'un peu, c'est signe que ça travaille pour de bon!

19h à peu près: nouveau rendez-vous avec la Dra Cortes dans le cabinet de la Roma (heureusement, j'aurais moyennement apprécié passer 3 plombes dans les embouteillages). Bonne nouvelle: je suis ouverte à 6cm! J'ai du mal à le croire, pour moi à 6cm de dilatation, on souffrait déjà le martyr ! Cela dit, elle a la bonne idée de me faire un TV pendant une contraction, et ça, ça fait un mal de chien... Elle s'exclame même "Ah, mais ce sont des contractions de bonne qualité que tu as là!" . Je ne sais pas si elles sont de bonne qualité, mais la vache qu'est ce qu'elle me fait mal!!
Mais ce TV aura valu la peine, parce que ça y est, elle nous dit enfin: direction l'hopital Santa Teresa!
Il y a un traffic de malade, forcément, c'est vendredi soir et quiconque connait México sait que le vendredi ça dégobille de voitures... Moi qui pensais que j'allais maudire ce trajet, il s'écoule dans le calme et la discussion.

20h: Nous arrivons à l'hosto. J'ai mal, mais c'est encore très supportable. Pendant que Javier remplit la paperasse d'admission, j'ai un moment de dédoublement étrange où je me dis "Alors ça y est, c'est pour  maintenant??" sans pour autant vraiment réaliser ce que cela veut dire. Je n'ai tellement pas l'impression d'être sur le point d'accoucher!
Maria Teresa, dès notre arrivée, nous fait monter dans la salle LPR (pour accouchement psychoprophylactique) et m'installe dans la baignoire, où les contractions, après avoir avalé mon 3ème Cytotec (mais c'est permis, ça???), s'intensifient. Bizarrement, je ne ressens aucune panique, aucune crainte, tout coule sur moi entre chaque montée que je maîtrise. Ce qui m'étonne le plus, c'est ma placidité, et ma bonne humeur, quand dans mes prédictions, le tableau de mon accouchement était parfaitement apocalyptique! Là où j'avais imaginé violence verbale, aggressivité, et drame, tout n'est que calme, douceur, et maîtrise de soi.

21h: nouveau TV, je suis ouverte à 7, et ça commence à faire mal, surtout hors de l'eau. C'est curieux, mais vraiment, je réalise à ce moment là que la douleur varie énormément entre le fait d'être dans l'eau, ou en dehors. Rien à voir!! Je m'accroche en rigolant (bizarrement, j'ai beaucoup rigolé avec ma toubib et Coco ce jour-là) à Maria Teresa ou à Javier à chaque contraction jusqu'à replonger dans l'eau, m'arrêtant toutes les 3 secondes pour souffler. Et puis plouf, ouf, bénie soit cette baignoire...

22h: nouveau TV... Cette fois-ci, j'ai du mal à sortir de la baignoire sans aide, je me sens complètement handicapée! Ouverte à 9, et mon col est enfin mou, ça y est, ça ne va plus tarder! Mais je retourne dans l'eau, dard-dard...
Les contractions sont douloureuses, à présent. Elles surviennent toutes les 45 secondes à peu près, et durent une éternité. Plus possible de le nier, ça fait mal. Mais les cours de préparation n'ont pas été complètement en vain et la respiration m'aide, tandis que l'eau comme par enchantement les adoucit. Très rapidement, je sens une pression de plus en plus forte et sourde dans le rectum, comme une puissante et irrépressible envie de pousser.

Il est pas loin de 23h, je ressors de mon milieu aquatique pour aller aux toilettes, pour évacuer parce que oui, c'est un besoin incontrôlable, puis rerentre dans l'eau. Mais pas pour bien longtemps: à peine le temps de subir ma première contraction de retour dans la baignoire, Maria Teresa voit tout de suite à ma tête que la pression est insoutenable et me dit qu'il va falloir resortir, que je ne peux pas rester dans l'eau car il va falloir commencer à pousser. L'incongrüité de cette scène reste très nette dans mes souvenirs. Dans le calme et la convivialité, Coco prend des photos et filme pendant que Maria Teresa tape la discute avec la pédiatre... Je les entends parler, rire, mais je les entends de très loin, j'ai l'impression d'être ailleurs.
Allez allez Camille, il faut sortir maintenant, et vite. Mais moi je n'ai pas très envie de sortir, j'ai peur, parce que je ne sais que trop bien la douleur qui m'attend hors de l'eau, et puis je réalise tout à coup qu'il va falloir expulser, et j'ai peur d'expulser, l'idée tout à coup me fout vraiment les boules!

Il est 23 heures. Je ne ressens plus rien car ma peur-panique a fait taire la douleur. J'ai peur, et je me souviens avoir eu le présentiment que quelque chose n'allait pas tourner rond. Mais il faut bien! Vaillante, un peu branlante, je sors un peu à reculons pour la dernière fois de l'eau. On m'installe sur la table d'expulsion; à chaque contraction j'ai la nausée, une envie de vomir qui m'assaille au gré des durcissements de mon ventre. Le mal-être, peut-être davantage que la douleur, me fait suffoquer; j'envoie bouler Coco qui me propose de boire du jus de pommes, puis de l'eau, mais je me sens tellement mal, je perds un peu la tête, je le repousse de ma main droite, maladroitement mais avec force, et sans violence.

A deux reprises je pousse mal, je ne sais pas comment pousser, comment on pousse??? La pédiatre me vient en aide et m'explique doucement et fermement en deux temps trois mouvements ce que les cours de préparation n'avaient jamais effleuré, et nous voici partis, tous autour de moi et Charlotte en moi, dans une pousserie des plus épuisantes. Je pousse, ou plutôt ça pousse violemment de l'intérieur, ça n'en finit pas de pousser, sans que je sente pour autant que ça fasse avancer le schmilblick; car ça n'avance pas, je le sens... Je hurle à chaque poussée -ce qui m'étonne beaucoup d'ailleurs-, un cri qui sort de mes tripes, un cri de douleur, animal, un cri de panique, un cri libérateur qui accompagne mes efforts et que je ne peux, par ailleurs, absolument pas réprimer. Mes poussées sont "longues, puissantes, et efficaces"; mais ça ne suffit pas! Maria Teresa échange des regards inquiets avec la pédiatre qui m'appuie frénétiquement sur le ventre; à bout de souffle, et parce que je saisis que c'est en train de mal tourner, je n'ai de cesse de supplier "Sortez-la moi", "aidez-moi s'il vous plaît", je réitère des centaines de fois ces deux phrases comme possédée, comme en transe, désespérée tout en sachant qu'elles ne peuvent rien pour moi. En cet instant, cet accouchement que je vivais de façon idéale se transforme en un brouillard sans nom.

Car il faut le dire, cela fait maintenant 45 minutes que je pousse corps et âme et je suis à bout, j'ai l'impression que ça ne terminera jamais. Quelque chose ne va pas comme il faut; ça, malgré mon autisme circonstanciel, je m'en rends compte. Petite Charlotte ne descend pas, il est là le problème! Dans l'urgence et puisque, pour courronner le tout, mes contractions ne sont plus assez longues ni efficaces, Maria Teresa m'introduit un Cytotec vaginal qui ne fait pas effet, suivi d'une double épisiotomie qui, elle, me fait bien déguster! (D'ailleurs, l'épisiotomie est bien plus barbare que tout le reste... ) Alors dans un geste très tendu de désespoir qui ne m'échappe pas, elle demande à l'infirmière de me faire une perf de Cytotec.
Je l'entends me répéter "Je te promets que dans 2 contractions, 2 poussées, elle est là avec toi", mais ça ne fait que la 20ème fois qu'elle me lance cette phrase et je n'ose plus trop y croire...

Malgré tout, sous l'effet de la contraction qui suit la perf -d'une telle violence!- je pousse, je ne sais pas où je puise toute cette force, cette volonté, cette endurance, vraiment pas. Je pousse pour ma fille, hurle, pousse pour en finir, hurle; puis dans un dernier hurlement complètement sauvage qui me fait rougir de honte, je sens passer entre mes jambes la tête de ma fille qui n'émet aucun son; puis dans le temps d'une 2ème contraction, son corps glisse à son tour.

Il est minuit pile, ma fille est née.

Il est minuit et je n'ai pas le temps de souffler; sa couleur m'interpelle, et son silence me glace. Elle est bleue et atone. On me la jette littéralement sur le ventre comme avec dégoût, maladroitement, tandis que, la recevant sans comprendre, je ressasse comme une autiste "elle ne pleure pas, elle ne pleure pas, elle ne bouge pas, elle ne respire pas"; dans un geste instinctif pourtant je la touche, je touche son corps sans trop oser car elle semble sans vie, elle ne bouge pas. Tandis qu'on me l'arrache dans l'urgence pour la réanimer sur le côté, Javier qui ne comprend pas encore ce qui se joue s'exclame le sourire aux lèvres, "regarde cocotte, tu n'as plus du tout de ventre! c'est dingue!" Il me fait tant de peine à ce moment-là, et pourtant je suis comme indifférente à tout ce qui n'est pas ma fille, mon monde s'est arrêté de tourner, je jette des coups d'oeil affolés sur ma gauche à la scène qui se déroule autour de Charlotte, sous le choc, anesthésiée, et alarmée. Je suis effarée, je ne saisis rien, que se passe-t'il? 
Elles sont 3 autour de ma fille, et de mon côté, j'ai les jambes qui se mettent à trembler en proie à des spasmes incontrôlables (le froid, les nerfs...) pendant que mon corps se vide sous le regard de Coco, que Maria Teresa a eu la bonne idée de placer face à moi pour vérifier que je ne fasse pas d'hémorragie, et qui soudainement prend toute la réalité de la situation en pleine figure. A la vue de ce corps qui vient de donner la vie et de sa fille inerte, il s'évanouit pratiquement. Je lui dis de s'asseoir, de lâcher ma main et d'aller s'asseoir; l'infirmière l'aide à se traîner jusqu'au canapé.

En cet instant j'ai l'impression que je vais la perdre, je me dis qu'elle va mourir, j'ai peur et je souffre terriblement, je souffre pour ma fille et pour moi, rien ne se passe comme nous l'avions imaginé, et dans un certain sens, je souffre aussi de cette naissance 'ratée'. 

Au bout d'une demie-heure, dans une dernière contraction moins longue et moins violente que les autres, j'expulse mon placenta. La fameuse Délivrance... Et c'est vrai que l'apaisement est tel que c'en est presque joussif!
 
Cela fait à présent 40 minutes que Charlotte est née, et nous ignorons toujours tout de ce qu'il arrive à notre fille. 40 minutes durant lesquelles, à mes questions "qu'est ce qui se passe", "pourquoi elle ne respire pas", je n'ai aucune réponse. Maria Teresa vient enfin me recoudre mon épisiotomie (quand même pas très agréable), et je peste, le fait que l'on s'attaque à nouveau à cette zone mégasensible qui a déjà bien morflé me saoule, mais Javier est à mes côtés et écrabouille ma main dans la sienne. On emporte alors mon enfant en soins intensifs; bien sûr Javier les accompagne, et je me retrouve seule et immobile dans cette pièce où le temps semble s'être figé.

Il est 1heure du matin, et je n'ai toujours pas vu ma fille. J'appelle Tomtom, ça me fait du bien de lui parler, je lui raconte la naissance, mais les larmes ne sortent pas. Je suis vidée, physiquement et dans ma tête qui semble s'être perdue ou s'être arrêtée de vivre. Les infirmièrent me redescendent dans ma chambre, et je me revois dans l'ascenseur allongée sur un brancard, enfermée dans ce microespace avec deux infirmières qui parlent en rigolant bruyamment de leurs vies qui sont à mille lieues de la mienne et sa tragédie relative, ici et maintenant.
Je ferme les yeux. Tandis qu'on me donne mes soins dans ma chambre, je demeure comme un zombie à scruter le vide.
Mais Coco s'éternise là-haut, et la solitude commence à devenir angoissante. Heureusement, Maria Teresa arrive et pendant qu'elle m'aide à me lever pour aller aux toilettes je n'arrête pas de m'excuser, j'ai tellement honte d'avoir hurlé comme ça, et si Charlotte est née dans cet état c'est que je n'ai pas assez poussé, c'est ma faute, bien sûr que c'est ma faute. Tant bien que mal, elle tente de m'ôter cette culpabilité qui m'envahit de partout, m'expliquant enfin que ma fille a eu l'excellente idée de naître un coude et une main en travers et la tête en entier et que le cordon ne battait déjà plus lorsqu'elle est née, que je n'aurai rien pu faire de plus, que je me suis très bien débrouillée, que je n'y suis pour rien. Mais je me sens coupable, et j'ai tellement honte de mes cris...

Coco finit par redescendre, mais je l'assaillis de questions, et puis comment elle va?, quelle tête elle a?, elle est blonde brune rousse?, ses yeux sont de quelle couleur?, as-tu entendu sa voix?. Non, ce n'est pas possible, il faut que je vois ma fille, elle me manque si fort... Mais comme je suis immobilisée, comme on m'interdit de sortir de ma chambre, le voilà qui à ma demande remonte prendre en photo ma Charlotte pour moi.
Pendant ce temps qui me semble durer des lustres, Maman m'appelle et à nouveau, je parle, j'explique; et c'est étrange à quel point je suis si froide, si détachée, incapable de faire passer mon inquiétude alors qu'au-dedans je suis en mille morceaux...

Il est 3h45 lorsque Javier rentre enfin dans la chambre l'appareil à la main, en larmes, et je la vois enfin, je vois enfin ma fille, les yeux ouverts, et EN VIE, parce que même si elle a une cloche sur la tête et des fils un peu partout, elle VIT. J'ai une atroce envie de pleurer, de douleur, de joie, de soulagement, d'épuisement, de bonheur aussi malgré tout, mais je suis asséchée.
Nous nous regardons yeux dans les yeux, Javier et moi, nous sommes toujours sous le choc. L'épisiotomie me fait mal, j'ai la tête en chantier et le coeur délabré, mais j'ai au fond de moi la certitude qu'elle vivra, ma Petite Mère Courage comme je l'appelle déjà...
Et puis cet instant d'amour où Javier me dit qu'il est si fier de moi, que je suis forte, qu'il m'aime plus que tout, cet instant d'amour là nous isole le temps d'une douceur de notre réalité affligeante.

Il est 5heures, Javier enfin s'endort, mais de son canapé il est trop loin de moi pour pouvoir me réchauffer. Il est juste à côté de moi et son corps me manque. Les yeux rivés sur la fenêtre, je repasse en revue les évènements de ce soir, j'essaye d'imaginer Charlotte là-haut, toute seule, loin de moi en ses premières heures de vie, et ça me meurtrit tellement d'imaginer ma fille toute seule là-haut, ma fille que je viens tout juste de mettre au monde et que je n'ai pas pu sentir bouger contre moi, ma fille à qui je ne peux ni parler ni faire des bisous...

Et puis enfin, la délivrance, la fatigue qui m'entraîne, le sommeil qui me dérobe à cette nuit si blanche; je sombre à mon tour.

Il est 7 heures, et je suis maman.
 
(On s'est fait réveillé à 8h du matin, soit une heure après, pour des soins et le petit-déjeuner... !)







Cocotte Charlotte et ses deux petits mois

Par Camille :: jeudi 10 janvier 2008 à 18:32 :: Enfin trois!

 

 

Charlotte est parmi nous

Par Camille :: lundi 12 novembre 2007 à 20:32 :: Enfin trois!

Mea culpa, car j'en ai mis du temps, et puis c'est vrai que je ne peux pas m'éterniser car cocotte Charlotte est assez accaparante, mais voilà, il fallait tout de même annoncer la très grande et merveilleuse nouvelle:

 

Charlotte est née dans la nuit du 19 au 20 octobre à 00:00 pile, mesurant 48 petits centimètres pour 2,430Kg.

 

C'est une véritable petite mère courage qui a lutté pour vivre après quelques premières minutes post-naissance un peu traumatisantes; souffrant d'hypoxie, pauvre cocotte a passé 11 jours à l'hôpital en soins intensifs mais la voici parmi nous depuis bientôt deux semaines... et quel bonheur!!!!

Elle est douce et câline et rigolotte et gloutonne et a un grand grand besoin de chaleur humaine, et je l'aime comme une folle. Il est vrai que ses yeux sont ceux d'une vieille âme dont le regard vous perd, mais elle ressemble somme toute encore beaucoup à un tétard!

Je promets de repasser narrer mon accouchement (héroïque...) et les premières semaines post-accouchement (difficiles mais toujours aussi héroïques...) de cocotte Charlotte et sa maman.

Pour l'heure, voici une première photo de notre petite poisse bien-aimée à 25 jours de vie...

 

 

 

Vendredi 12 octobre 2007, j'en ai marre....

Par Camille :: vendredi 12 octobre 2007 à 17:28 :: V 9ème mois, dernière ligne droite...

 

Bien. Nous voilà donc à 38SA+4jours. Oh je sais, j'ai encore le temps, normalement je devrais pouvoir patienter jusqu'au 30 octobre, mais là ce n'est plus moi qui décide.

Je suis un peu démoralisée après la consultation d'hier chez la gynéco, et j'ose espérer que cela aura été la dernière avant d'accoucher. Accoucher! la bonne blague...

Alors aux dernières nouvelles: Charlotte est remontée (si si, elle a fait ça!), et puis elle a grossi, pas de partout non, juste de la tête, rien que pour embêter sa maman! A présent, son BIP dépasse de 2 cm l'espace entre mes deux épines. Je sais que ce ne sont que des données approximatives... Mais le problème, c'est qu'en plus dans l'immédiat, je ne suis pas "déclenchable": ma fille est trop haute, mon col est toujours fermé (ouvert à un tout petit doigt), et pas assez mûr pour cela.

Verdict de Maria Teresa: c'est une catastrophe! Si je n'ai pas accouché avant le we prochain, il va falloir faire en sorte qu'elle naisse, que je le veuille ou non. Moi, paniquée, avec un sentiment de culpabilité croissant, je commence dès lors à avoir le moral en chute libre et l'impression qu'elle ne voudra jamais sortir. Je veux bien croire qu'elle soit bien là-dedans, au chaud, je veux bien croire que le monde extérieur ne sembe pas si rigolo que ça, mais pour ton bien et celui de ta maman, ça serait vraiment cool que tu te décides à naître bientôt cocotte!

Au pire, ce sera une césarienne.

Une césarienne. Tout ce que j'ai toujours voulu éviter. Les boules...

Bon, et puis j'ai pris 1 kilo en 10 jours et ça, la toubib n'a pas du tout apprécié. Je me suis fait enguirlandée comme il faut; mais à ce stade-là j'étais déjà ailleurs, entre forceps, épines menaçantes et tripes ouvertes. Et puis moi quand j'ai pas le moral, il faut que je mange, je ne peux pas faire autrement!

 

Aujourd'hui, vendredi 12 octobre. Papa et maman arrivent demain soir. Nous sommes à J-11.  Mon ventre est énorme, et ma peau est étirée à son maximum. Je dors assez mal. J'en ai raz-le-bol! C'est débile sans doute, mais je suis triste que ma cocotte ne puisse pas décider d'elle-même de sa date de naissance, qu'elle ne puisse pas prolonger son séjour sans que cela cause de gros problèmes à sa tête de zgegg de mère qui a le malheur d'avoir un bassin ridiculement étroit.

Alors je vais continuer de courir, sautiller, monter et descendre mes 5 étages.

Je vais marcher à quatre pattes dans la maison.

Je vais essayer de convaincre Charlotte de descendre, et plus vite que ça!

Je vais espérer que la venue de YD et DD lui donne l'envie de montrer sa bouille...

Je ne sais plus quoi faire d'autre!

 

C'est vraiment une sacrée charlotte, en tous les cas.  

 

Il faut que je me ressaisisse, il n'y a rien de dramatique. Tout va très bien, madame la marquise... Demain, Coco et moi allons peindre la moitié du mur de béton armé de la chambre Charlotte en parme très très clair. Nous allons finir de décorer sa chambre, je vais préparer ma valise pour la maternité... Il faut qu'elle voit qu'on est prêt, fin prêt à la recevoir!

 

 

8 octobre 2007 et un très gros bidon

Par Camille :: lundi 08 octobre 2007 à 12:17 :: V 9ème mois, dernière ligne droite...

 

Alors là, je ne sais pas trop ce que j'ai fait pour ça, mais cocotte Charlotte et mon bidou ont, en l'espace de 5 jours, littéralement triplé de volume... J'espère que la puce ne dépasse pas encore les 3 kilos, sinon on va avoir de sérieux problèmes...

 

Donc non, tout d'abord, je n'ai toujours pas accouché. Pas que je pensais réellement que ça allait arriver là là, mais Maria Teresa et ses incinuations ont semé le doute dans ma petite tête. Alors forcément, ces derniers jours, je n'ai peut-être pas vraiment fait de fixette à guetter le moindre signe, mais j'ai fait attention à mon corps plus que d'ordinaire... Je me suis préparée, si on veut, à traquer le jour J.  Pourtant, les douleurs restent encore très rares et diffuses, et si je sens régulièrement bon nombre de contractions (indolores, comme depuis 5 mois) en fin de soirée, je ne considère en rien qu'elles sont un début de travail, je n'y fais pas vraiment attention, je suis trop habituée à elles pour cela... Mais quoiqu'il arrive, les contractions qui font bouger le col, les vraies de vraies, je me fais confiance pour les reconnaître! Parce qu'à mon avis, ça va chatouiller sec...

La seule nouveauté c'est cette récurrence de maux de bas-ventre genre règles qui irradient dans le dos, et quelques 'nausées' (j'appelle ça comme ça à défaut de trouver un autre mot plus adéquat, parce que ce ne sont pas des nausées à proprement parler, ce sont comme des indigestions-maux d'estomac-écoeurement) ici et là que je n'avais plus éprouvées depuis le deuxième mois.

Et enfin, last but not least, aujourd'hui, je suis sur les rotules... Mais vraiment, complètement vannée. Après deux dernières semaines de suractivités et une semaine passée à veiller la nuit (merci Kapus et Raul qui se coursent et font gratte-gratte contre portes et placards une fois la nuit tombée), je ne suis plus bonne à rien. J'ai réussi à me traîner là-haut faire une lessive, à préparer le déjeuner, mais là je n'en peux plus... 2 de tension et une impression de peser quatre fois mon poids. Les bras et les jambes me pèsent, ma tête martelle, et je ne capte rien à rien... Il faut que je dorme!

 

Je ne sais pas pourquoi je pense à ça là, maintenant, mais j'aimerais bien quand même que Charlotte naisse d'elle-même, spontanément... J'aimerais bien initier mon travail d'accouchement par la perte des eaux ou des contractions naturelles croissantes. Je ne veux pas trop qu'on la provoque, cette naissance, finalement...

J'aimerais bien ne pas du tout m'y attendre, que ça me tombe dessus comme ça, bam, d'un coup. Me laisser submerger par la surprise et la trouille et l'excitation qui s'en suivront...

Alors je dis à Charlotte que je ne la retiens plus, que tout est prêt (même si ce n'est pas vrai!), qu'elle peut venir désormais, que sa maman est en pleine forme pour la recevoir... haha. Ce n'est qu'un pieu mensonge...

Si cela peut m'éviter d'être déclenchée!

 

Dans 3 jours, dernière écho (cette fois c'est vrai) avec Ledesma et rendez-vous dans la foulée avec Maria Teresa le soir.  D'ici là, j'espère avoir récupéré un peu!

Et dans 5 jours, YD et DD arrivent à México... Le bonheur!!

 

Et puis qui sait, cette semaine nous aurons peut-être la surprise de notre vie?

 

 

 

3 octobre 2007

Par Camille :: mercredi 03 octobre 2007 à 16:09 :: V 9ème mois, dernière ligne droite...

 

3 octobre 2007, i.e. J-20, ou J-25 si l'on considère la nouvelle dpa émise par Kuri. Je n'ai plus envie d'abréger ce dernier mois, j'ai envie qu'il dure et dure et dure encore, j'ai envie de sentir Charlotte hanter mes tripes, sentir que je la protège du mieux que je peux, sentir qu'ensemble nous ne faisons qu'une. J'ai beaucoup de mal à imaginer ce que seront les premiers jours sans elle au-dedans, sinon avec elle au-dehors. Pourtant ça ne va plus tarder, si j'ai bien compris...

 

Petit résumé consécutif aux dernières consultations et échographies: le 28 septembre 2007 Charlotte va très bien, elle pèse dorénavant 2,520 Kg, mesure on ne sait pas trop combien (si ce n'est qu'elle est prévue à 47 cm à terme et ça c'est petit!), son coeur bat encore et toujours à 140ppm et elle a un pif monumental! Je ne sais pas s'il sera vraiment tel que je le vois à l'écho, mais si oui, je ne sais vraiment pas de qui elle le tient...

En détail: BIP 8,84cm

                PC 33,06cm

                LF   6,57cm

Placenta antérieur haut, grade II-III (ça veut dire qu'il commence à se calcifier et se dégrader, donc que l'heure est venue pour Charlotte de sortir de là!).

 

1er rendez-vous du 9ème mois avec Maria Teresa: premièrement, je n'ai pas pris un gramme depuis la dernière fois! La doctoresse est vraiment contente de moi, elle n'en revient pas...

Après examen, mon col est ouvert à un doigt, mou, et à moitié effacé. Elle a pu gratter la tête de notre fille, c'est fou! Grande émotion de Coco et de la maman, parce qu'imaginer que la tête est juste là là, derrière ce col, déjà parfaitement engagée, ben c'est vraiment émouvant...!

Le seul petit souci, c'est mon bassin. Il est petit. Mais vraiment petit. Elle compte qu'entre les épines, on a un espace de 8,5cm à tout casser. Charlotte, elle, a un diamètre bipariétal de 8,9cm selon Kuri. Alors comment on fait pour faire passer la tête de ma cocotte? Maria Teresa m'assure du mieux qu'elle peut que la nature est bien faite, et que si elle est déjà tellement basse, tellement engagée dans le bassin, c'est bon signe, car ça veut dire qu'elle estime qu'elle peut passer.  Mais là où elle ne m'a pas rassurée, c'est quand elle m'a déclarée que 'de toutes façons, on aura affaire à un accouchement costaud', qu'il faut que je m'y prépare, ça ne va pas se faire en deux temps trois mouvements.

A partir de maintenant Charlotte peut naître, et j'ai l'impression que plus elle naîtra tôt, plus Maria Teresa sera soulagée. J'ai rendez-vous le 9 pour une échographie très détaillée avec le Dr Ledesma, 'enfin, si tu n'as pas encore accouché d'ici là', selon les propres mots de ma toubib.

Alors c'est vrai que mon ventre est bas, c'est vrai que je sens sa tête entre mes jambes (drôle de sensation!), c'est vrai que plus rien ne la retient, mais moi je suis persuadée qu'elle ne va pas sortir tout de suite...  D'un autre côté, Maria Teresa est tellement angoissée à l'idée que la tête ne passe pas qu'il est bien possible qu'après ma prochaine consultation le 9, elle décide de déclencher l'accouchement. Je pense que tout dépendra du rapport de Ledesma...

Maman et Papa arrivent dans 10 jours pile, et finalement ce ne serait pas plus mal qu'elle les attende pour venir au monde, ma Charlotte...

En attendant, mon Coco a eu un méga coup de speed! En une soirée, il a monté le lit et la chaise haute ultradesign de la puce, il a fait du vide dans les placards de la cuisine pour y placer le chauffe-biberons, le stérilisateur et la batterie de teteros qu'on a, et il m'a demandé de faire la valise pour cocotte pour la maternité. Je crois qu'il commence à réaliser que ce n'est plus de l'abstrait, que ça va vraiment arriver, et qu'une fois là, elle sera vraiment là, nous serons vraiment 3!

 

Quant à moi, je suis sereine, détendue, j'attends sans être aux aguêts. Je me prépare, dans mon corps qui se prépare lui aussi à coups de pincements, décharges éléctriques de plus en plus douloureuses, douleurs lombaires et maux de ventre, et dans ma tête plus pragmatique et sagement détachée que jamais, et je croise les doigts pour que tout se passe bien. Ah, et j'ai fait part à Coco de ma volonté de ne plus voir belle-maman alias La Doña jusqu'à l'accouchement, c'est décidément trop fatigant pour moi... Et puis je crois que j'ai suffisamment donné aussi, ces derniers mois!

 

Petit merci tout particulier à ma Cecileke pour son long coup de fil de ce jour et son merveilleux humour, sa sensibilité et ses coups de gueule!

 

 

 

28 septembre 2007 (J-25): bizarre...

Par Camille :: vendredi 28 septembre 2007 à 14:35 :: V 9ème mois, dernière ligne droite...

 

Bizarre, c'est vraiment le mot qui convient à ce vendredi 28 septembre de l'année 2007.

Hier, pendant tout le dîner au Capri avec Coco et La Doña, cocotte n'a pas arrêté de gigoter furieusement sa tête, ses poings, et ses coudes dans mon bas ventre, et ses petites fesses et ses pattes dans mes côtes, et j'ai donc passé un repas assez casse-bonbons, toute serrée dans mon pantalon avec Charlotte-la-bougeotte en action.  Je me sentais vraiment mal lorsque nous avons quitté le resto, le coeur au bord des lèvres et la tête qui martelait. Arrivée à la maison, je m'allonge, Coco me prépare une tisane, la puce ne bouge plus, mon haut-le coeur et mes céphalées passent.  Je m'endors.

Mais de hier soir au coucher (1heure du matin) à cet après-midi 14heures, la petite rigolotte n'a pas bougé d'un pouce. J'ai eu beau appuyer énergiquement sur les endroits stratégiques de ma bedaine, essayer de la déloger de ses quartiers préférés, rien à faire, elle n'a pas daigné faire un geste. Pas même une mini ondulation, une secousse, un petit coup, rien. Alors l'angoisse m'a gagnée... C'est tout de même vraiment bizarre, ça ne lui arrive jamais, je n'aurais pas du boire de vin hier soir, elle est peut-être en souffrance foetale, mais ma puce pourquoi tu ne bouges pas, et rebelotte que je pétris ma panse dans tous les sens, que je suis limite violente à m'acharner à engendrer une réaction, mais rien. Rien, rien, rien. Il règne un calme glacial dans mon bedon.

Finalement, mademoiselle s'est décidée à faire une dizaine de galipettes, un peu rudes et sèches, mais énergiques en tous les cas. Même si c'est à nouveau le calme plat depuis, ce bref épisode d'activité me rassure quelque peu...

 

En même temps, je me sens bizarre moi aussi, du dedans. D'un côté, mon ventre est un peu bas, il est gros, mais je le sens léger. Les mouvements me coûtent nettement moins aujourd'hui; je pourrais limite courir, j'ai l'impression. J'ai enfilé mes chaussettes sans me contorsionner dans tous les sens, et je marche gaiement dans la maison sans me sentir pachyderme. De l'autre côté, mes doigts sont un peu enflés, j'ai mal à la tête. J'ai froid, alors que la nuit je crève de chaud! Et puis pendant une demie-heure, j'ai eu mal au ventre et dans le dos, comme avant les règles, sans pour autant avoir de contractions. Juste un mal opiniâtre de ventre, anodin sans doute. Et puis j'ai mangé un peu, et c'est parti comme c'était venu.

Je me sens un peu à côté de la plaque, surtout... Vaseuse, dans les nuages, avec des relans d'énergie brutaux par moments. Alors quoi, c'est le vin d'hier ou c'est cocotte qui s'amuse à jouer avec sa mère?

 

Dans 3 heures, on a rendez-vous avec Kuri pour la toute dernière échographie plus la mesure du bassin. J'espère qu'il pourra me rassurer pleinement, parce que je suis inquiète sans même savoir pourquoi...

 

 

 

 

 

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